Figure emblématique du surf Basque depuis presque 20 ans, Eneko Acero est tout aussi réputé pour son surf félin, précis et puissant que pour son immense gentillesse et son enthousiasme à toute épreuve. Toujours aussi redoutable sur le circuit Européen et impressionnant sur son spot de Mundaka, ce jeune père de famille revient avec nous sur ses débuts, sa carrière, ses envies et bien sur le pays Basque qu’il aime tant…
Salut Eneko, peux-tu brièvement te présenter et nous rappeler d’où tu viens ?
Je m’appelle Eneko Acero, j’ai 34 ans et je suis originaire de la ville de Getxo dans le Pays Basque.
Quelles sont tes principales activités aujourd’hui ? Toujours beaucoup de compétitions ? Free surf, Surf business ?
Je continue à faire pas mal de compétitions: je suis l’ensemble du tour WQS Européen ainsi que 3 ou 4 autres événements internationaux. Je fais également pas mal de trips photos, je reviens justement d’un super trip en indo. Autrement, je m’implique également avec mon sponsor (Fox) pour recruter et développer un bon team surf en Europe.

Peux-tu nous en dire plus sur ta saison WQS 2011 en cours ? Quels ont été tes meilleurs résultats pour le moment ?
Je n’ai pas encore participé à toutes les épreuves mais j’ai fait une 25ème place à Thurso (Ecosse) et à la Sauzaie (Vendée). Les autres gros événements Européens se sont un peu moins bien passés par contre.
Si tu devais résumer les 15 dernières années et les meilleurs moments de ta carrière en compétition ?
Je retiendrais bien sûr les titres de champion d’Europe 1999 et 2001 mais plus globalement d’être resté dans le haut du classement Européen pendant de si nombreuses années et continuer aujourd’hui encore à scorer et me faire plaisir !
J’ai en mémoire une série très spéciale entre Kelly et toi en 2008 durant l’épreuve WCT de Mundaka, à l’issue de laquelle il a gagné son 9ème titre mondial, peux tu nous en dire d’avantage sur ce moment si particulier ?
Oui, c’était une série très spéciale bien sûr !!! On s’est toujours très bien entendu avec Kelly, c’est un champion hors du commun. Comme tu l’imagines, c’était un rêve pour moi d’affronter chez moi, le meilleur surfer de tous les temps !
Justement, es-tu nostalgique de cette épreuve WCT de Mundaka ? Quels ont été les moments forts et tes meilleurs souvenirs ?
C’est vrai que c’était génial d’avoir les meilleurs surfers de la planète sur cette gauche world class, tellement de spectacle ! D’un autre côté, Mundaka peut être réellement inconsistante, ça n’a presque jamais été bon durant l’ épreuve chaque année.


Tu es objectivement considéré comme l’un des meilleurs backsiders locaux à Mundaka, peux tu nous en dire d’avantage sur ta relation particulière avec cette vague ?
Je ne sais pas… il y a tellement de bons surfers à Mundaka mais je dois avouer que c’est évidemment ma vague préférée ! Je connais très bien le spot et certains locaux figurent parmi mes meilleurs amis, je suis très chanceux de pouvoir attraper quelques bombes !
Hormis Mundaka, peux-tu nous en dire d’avantage sur le pays basque ? Si tu devais nous présenter ta région ?
J’aime tellement cet endroit, c’est incroyablement beau et la culture y est tellement riche avec notre langue, la musique et la danse traditionnelle, la gastronomie et un peuple authentique et chaleureux.
Et au niveau surf ? On a un peu parlé des vagues avec bien sur Mundaka, peux tu nous donner un aperçu des meilleurs surfers basques ?
Aritz (Arrumburu), Hodei (Collazo) et Ibon (Amatriain) sont bien sûr très connus à travers leurs performances en compétition ou en gros surf mais il y a de très nombreux autres talents dans la régions comme Jon Garai, Iker Fuentes, Norman landa ,Jatyr Berazaluce, Igor Muniain et bien sûr mes 2 frangins Kepa et Iker que j’adore regarder surfer.
Justement tu parles de tes 2 frères, excellents surfers aussi, peux tu nous raconter vos débuts à tous les 3 et l’émulation entre vous ?
Nous avons tous les 3 commencé le skate en premier, il y a une grosse culture skate dans notre ville de Gexto. Puis mon frère Iker et moi avons commencé le surf à 10 et 11 ans durant l’été 1989 (Kepa a attendu une année) et n’avons plus jamais décroché. Le surf nous a tellement apporté, notamment l’opportunité de voyager beaucoup à travers le monde, de rencontrer beaucoup de gens différents et de découvrir de nouvelles cultures…
Penses-tu qu’à l’instar d’autres frères célèbres dans le surf (Lopez, Hobgoods, Irons…), la relation de fraterie est une des clés pour progresser encore plus vite ?
Je ne sais pas mais avoir tes frangins qui voyagent avec toi et t’aident tous les jours, est quelque chose d’incroyable ! Il n’y a jamais eu de compétition entre nous mais tu veux toujours surfer mieux que ton frère ! (Rires). Avoir ces 2 grands surfers à mes côtés a vraiment été une chance fabuleuse !

Comment qualifierais-tu le développement du surf basque au niveau des écoles de surf, des structures d’entrainement et de la fédération ?
Comme ailleurs, le surf se développe vraiment rapidement dans le pays basque et l’industrie du surf investit pas mal d’argent sur les jeunes talents ! Je crois cependant qu’il reste encore pas mal de travail pour avoir encore plus de surfers basques dans le top Européen. J’aimerais bien m’investir pour aider la fédération Basque à soutenir et encourager les meilleurs surfers locaux.
Il est difficile de parler du pays Basque sans citer Pukas, l’une des plus célèbres fabrique de planche dans le monde, peux-tu nous raconter un peu ta relation avec cette équipe et bien sûr ton shaper Peter Daniels ?
En effet, j’ai surfé sur des planches Pukas presque toute ma carrière, environ 20 ans, nous avons une longue histoire commune. Je me sens presque comme dans ma famille là bas, j’ai vraiment eu la chance qu’ils me supportent depuis si longtemps. J’adore les planches de Peter Daniels, elles conviennent parfaitement à mon style de surf et Peter est un type super avec qui je m’entends très bien. Il m’a fait tellement de planches magiques !
A quoi ressemble justement ton quiver ? Quelles sont tes planches préférées ? T’impliques-tu dans la conception et le design de tes planches ?
Mon quiver est assez riche en nouveaux modèles. Peter Daniels a travaillé très dur depuis quelques années pour élaborer des nouveaux shapes de planches qui marchent très bien. La ‘’Fang’’ par exemple est un design très sympa dans les petites vagues. Le modèle ‘’Lola’’ fonctionne très bien dans les vagues de tous les jours.
Quels sont les autres shapers que tu apprécies également ?
J’adore surfer les planches de Wade Tokoro. Je trouve que qu’elles correspondent également très bien à mon style de surf, coulé et serré dans la poche. Comme Peter Daniels, Wade Tokoro, est un shaper très talentueux et un type adorable.
Parlons un peu de voyages maintenant, après avoir passé tant d’années autour du monde, quelles sont les destinations que tu préfères ?
C’est difficile…Je dirais que l’Indonésie possède les meilleures vagues et le Japon ou Tahiti, les gens les plus chaleureux mais j’adorerais aller en Angola, super destination surf et culture.
J’ai cru comprendre que tu avais été il y a peu de temps au Chili avec ton frère Kepa, comment ça s’est passé ? Quelles ont été tes impressions sur ce pays, la culture et le surf ?
Le Chili est un pays fabuleux avec des vagues World class, des gens très sympas et une gastronomie et du vin incroyables ! Kepa, Guillem et moi avons passé tant de bons moments là bas avec du super surf. J’ai hâte d’y retourner un jour.


En dehors du surf qu’est ce que tu aimes faire dans la vie ?
J’ai un fils d’un et demi et j’aime tellement passer du temps en famille avec ma femme et lui quand je ne suis pas à l’autre bout du monde. J’aime aussi m’entrainer physiquement en pratiquant toutes sortes de sports.
La naissance de ton fils a changé ta vie, la famille est vraiment une valeur essentielle pour toi ?
Oui, évidement. La naissance de mon fils a été un profond changement pour moi, j’ai l’impression d’être devenu une nouvelle personne. Tout ça m’a également fortement motivé pour travailler encore plus dur.
Quels sont tes autres envies pour le futur ?
Je dirais bien sûr de continuer à m’occuper de ma famille et de prendre toujours autant de plaisir en surfant et essayer de représenter au mieux mes sponsors.
Merci beaucoup Eneko, tu veux ajouter un dernier mot ?
Je voudrais remercier sincèrement l’ensemble de ma famille pour son soutien durant toute ma carrière et saluer les nombreuses personnes avec qui j’ai sympathisé à travers le monde. Merci à toi également.
















